Solfeggietto en cours d’instrument

Le jeu est utilisé actuellement par des professeurs d’instruments : dans quel but? Pour quels objectifs? Pour résoudre quels problèmes?

 

Des difficultés courantes rencontrées en cours d’instrument

 Les élèves qui ont des difficultés de mise en place de la partition.

Lors du travail à la maison certains élèves « se jettent » sur l’instrument pour jouer la partition qui leur est proposée avant d’avoir pris le temps de la lire. L’idée est que le cours de violon étant fait pour jouer du violon, le travail doit se faire au violon et l’objectif instrumental passe ainsi avant tout objectif musical.

Les élèves qui travaillent d’oreille.

Certains élèves ont une bonne oreille, ils mémorisent bien auditivement et on peut considérer qu’en musique c’est une qualité appréciable. Cela leur permet de jouer une pièce en se fiant uniquement à leur mémoire auditive – au prix quelques fois de quelques approximations – et ils sont perdus lorsqu’ils doivent relever les yeux sur leur partition parce qu’ils n’ont finalement pas d’habitude de lecture.

Les élèves qui ne font pas le lien entre le cours de FM et le cours d’instrument.

C’est sans doute le phénomène le plus fréquent.

Dans le cours d’instrument, l’élève est naturellement centré sur le geste instrumental: position du corps, des doigts, tenue de l’instrument, souplesse, respiration… Son cerveau est entièrement mobilisé par une performance psychomotrice complexe.

Si on lui demande à ce moment: Combien vaut une noire? On lui demande en réalité de sortir de cette activité pour résoudre un autre type de problème, d’ordre psycho-cognitif.

Les cours de FM et d’instrument sont deux mondes différents, avec des professeurs différents qui proposent aux élèves des problématiques différentes et qui, pour un jeune élève, n’ont pas forcément entre elles de lien évident.

 

Le jeu permet de préparer à la réalisation instrumentale en deux phases

Une phase d’apprentissage

  • l’élève identifie les cartes correspondant aux rythmes rencontrés sur la partition,
  • puis il mémorise (ou se remémore) les rythmes de chacune de ces cartes.

Une phase de jeu

  • jeu basé sur la lecture.
  • jeu basé sur la reconnaissance auditive des cartes
  • jeu basé sur le dépistage de fautes
  • jeu basé sur l’improvisation
  • jeu basé sur la réalisation polyphonique par l’élève seul, ou avec la participation d’un autre élève ou du professeur.

 

Dans la pratique…

La phase d’apprentissage peut se faire en totale autonomie à la maison. Et si l’élève peut disposer du jeu pendant un ou deux semaine, il pourra commencer à enchainer les cartes et à les mélanger.

Créer de vraies situations de jeu est indispensable pour renforcer la motivation et la concentration.

Si à l’instrument l’élève bute à nouveau sur un rythme, il peut suffire de lui rappeler qu’il connaît ce rythme et qu’il l’a déjà réalisé avec les cartes pour qu’il « reconnecte » avec ce qu’il a mémorisé.

Enfin, en cours d’instrument, le jeu n’a absolument pas vocation à être utilisé à chaque séance ni en séquences longues. Il peut simplement servir à résoudre des blocages ou des difficultés ponctuelles lorsque celles-ci se présentent.

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